La douleur des habitudes

Surprise est un bien faible mot pour décrire ce que je ressens.  Terrorisée serait plus proche de la réalité – même si le sentiment est plus proche de la rage que de la peur.

Je vous explique. On est mardi matin.  Je ne bosse là que depuis quelques semaines.  Et j’ai la fatuité de croire que je suis quelqu’un qui ne prend pas vite de (mauvaises) habitudes.  Or, ce matin, je ne sais ce qui me prend, à la sortie du métro, je prends un autre chemin. 

Et là, c’est Alice au Pays des Merveilles.  Je me sens un peu comme la première fois que j’ai été à Disneyland (j’avais pourtant 30 ans bien tassés)…. Ah bon, il y a ce magasin ici ???  Et là, je redécouvre le bâtiment que je contourne (dans l’autre sens) chaque matin.  Finalement, il n’est pas si laid … ET ici, c’est un espace si ouvert …

Puis je m’en veux. Comment ai-je pu aussi vite tomber dans le canevas ?  Comment ai-je pu , MOI, fermer mes écoutilles à tout ce que la ville m’offre ?

Après ces émotions extrêmes – l’émerveillement succédant à la colère – vient la leçon.

Ce que ça m’apprend de moi ?   Tout d’abord que la banalité s’installe très vite  Trop vite. Que les habitudes nous endorment.  Nous rassurent, certes, et aussi sont une sorte de menace.  Très vite, nous ne voyons plus les merveilles qui nous entourent.

emotionSi vous prenez un peu de recul, quelle était votre émotion la première fois que vous avez embrassé la personne qui vit aujourd’hui à vos côtés ?  La première fois que vous avez vu le visage de votre enfant ?  La première fois que vous avez visité l’endroit que vous habitez ?   Probablement de l’émerveillement, de l’amour, de la tendresse, de la curiosité.

Où sont-ils passés ?  Etes-vous capables d’aller les rechercher ?

Après près de cinq années de vie commune, suis-je encore en attente que mon Homme me prenne dans ses bras quand il rentre du bureau ?  Est-ce que je me laisse encore surprendre par Lui ?

Non, je ne suis pas en train de vous dire qu’il faut changer tout, tout le temps.  Juste qu’il faut rester éveillés.  Ou plutôt des dégâts du manque de conscience.  reveil

Qu’est-ce que je vis pour l’instant ?  Comment se passent mes relations, même les plus anciennes ?  Est-ce que j’ai vraiment envie de voir mes parents ? 

Nous vivons parfois dans un monde parallèle, inconscient.  La routine nous amène à ignorer les beautés qui nous entourent : la douceur de ce vieux pull, l’odeur de mon enfant, le sourire de mon amoureux, les couleurs de mon intérieur, les harmonies et les émotions de ma chanson préférée.

Cette plongée hors de mes habitudes m’a donné l’envie de vivre éveillée.  Et vous ?

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Christelle Deblon View All →

Co-génératrice d'enthousiasmes,

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