Je suis responsable de ma santé (2)

Si vous êtes un lecteur assidu du blog, vous avez pu découvrir récemment que la façon dont nous vivons influence intimement notre santé, au travers de changements qui s’opèrent tout au long de notre vie dans notre ADN (voir l’article complet ici).  Cette science, l’épigénétique, identifie cinq facteurs influençant ces modifications au sein même de nos cellules :

les5facteurs
  • le plaisir que nous prenons à nos activités
  • la façon dont nous abordons notre stress
  • la qualité de nos relations sociales
  • comment nous nous nourrissons
  • comment nous restons en mouvement. 
Aujourd’hui, nous allons aborder le second sujet : la façon dont nous gérons notre stress.

Tout d’abord, qu’est-ce que le stress ? Voilà bien un mot usé jusqu’à la corde.  Techniquement, le stress c’est un mécanisme physique issu de (la croyance que) nous ne disposons pas de moyens pour faire face aux situations auxquelles nous sommes confrontés.  En outre, nous allons aujourd’hui plutôt dire ‘j’étais stressé’ que de dire ‘j’avais peur’, ou pour exprimer qu’on se sent débordé.  Il semblerait que le mot stress soit devenu une espèce de fourre-tout que nous utilisons pour exprimer toute situation de tension ou de mal-être.

Mais revenons à nos moutons.  En quoi le stress est-il mauvais ?  Et y a-t-il un ‘bon ‘ stress ?  Ma position est celle-ci (et vous pouvez en avoir une différente) :

  • un stress léger et passager peut être positif, à deux conditions :
    • J’identifie immédiatement qu’il y a du stress (ça veut dire que je suis dans une certaine mesure connecté avec mes sensations physiques)
    • Cela me permet d’agir/prendre une décision face à la situation.

Dans ce cas, nous pourrons dire que le stress au eu un effet positif, puisqu’il m’a permis d’agir face à une situation inadéquate, de retrouver en quelque sorte une position d’équilibre.

  • un stress, même léger, qui s’installe dans la durée est nocif. Vous commencez à vous faire du tort. Un stress intense à longue durée peut mener à la maladie par les effets qu’il a sur notre corps.

Comment le stress fonctionne-t-il ?  Prenons l’exemple d’un de mes coachés, Sylvain, qui est stressé par la prise en parole en public.  Il est vrai que c’est un hyper introverti, mais donner des présentations fait partie intégrante de son nouveau job. Les quelques fois qu’il a tenté de relever le défi, cela s’est transformé en catastrophe, autant parce qu’il n’a pas pu développer cette compétence auparavant, que parce qu’il était complètement bloqué par son stress.  Conséquence : il renforce sa croyance qu’il en est incapable, et son stress augmente à mesure à chaque fois qu’il PENSE qu’il va devoir prendre la parole. Il se met dans une situation de stress permanent.

Physiquement, un stress chronique risque d’augmenter le glucose, les triglycérides et le cholestérol, à l’origine des maladies cardiovasculaires, ainsi que d’impact les capacités immunitaires.

Alors, que faire ?

Je vous propose trois stratégies pour mieux vivre avec cet ennemi intérieur :

  1. Dessinez deux cercles
  2. Partez à la pêche
  3. Dégustez un carré de chocolat

Dessinez deux cercles

Je vais vous partager une des grandes révélations de mon parcours de développement personnel : le cercle d’influence de Stephen Covey.

Commencez par lister toutes les choses qui vous stressent / ennuient / pour lesquelles vous vous plaignez : la météo, le trafic, les retards des trains, votre poids, le désordre dans votre maison, la mauvaise humeur de votre patron, la disparition des abeilles, la préparation des repas, etc.

Ensuite, placez tous ces sujets dans deux cercles : le cercle des préoccupations et le cercle d’influence. Le critère : dans quelle mesure vous pouvez vous-même changer la situation.

Ainsi, sur base de la liste ci-dessus, nous aurons la répartition suivante :

cercle influence
Le principe du cercle d’influence est que vous devriez mettre votre énergie à modifier ce qui est sous votre contrôle, donc dans le cercle d’influence.

Pour ce qui se trouve dans le cercle de préoccupations, vous avez trois options : lâcher prise, travailler sur la partie de la problématique de ce qui est sous votre contrôle, ou changer votre regard.

Prenons le retard des trains comme exemple.  Je prends le train chaque jour pour aller travailler.  Je sais que les trains sont régulièrement en retard.

Si je suis en permanence avec cette idée (cercle de préoccupations), il y aura deux conséquences : je vais augmenter mon stress, et ne rien changer à la situation (si l’inquiétude des voyageurs faisait que les trains sont à l’heure, ça se saurait …).

En revanche, j’ai un certain nombre de pistes à explorer :

  • je lâche complètement prise sur le temps réel du trajet, car je ne peux pas influencer cet aspect
  • je planifie de démarrer ma journée un peu plus tard que l’heure d’arrivée prévue de mon train (faire passer de ma zone de préoccupation à ma zone d’influence)
  • j’ai peu de temps pour lire dans ma vie quotidienne.  En changeant mon regard sur le temps de trajet, je l’ai transformé en un moment pour moi, que j’occupe à lire.  Les retards ne sont donc plus importants.

Partez à la pêche.

Personnellement, j’ai du mal à comprendre ce que les pêcheurs apprécient dans leur hobby. Pour moi, cela revient à rester assis des heures durant le long d’une berge (à moins de pratiquer la pêche à la mouche).

lacher-priseNéanmoins, à y regarder de plus près, je trouve que le pêcheur a une philosophie très saine : il travaille énormément sur ce qu’il peut maîtriser (comme nous l’avons vu plus haut) : il choisit avec soin le lieu et l’heure de son activité, et prépare précisément son matériel.

Puis, et c’est là que je veux vous amener, il lache prise sur la suite. Il sait que ce n’est pas en s’agaçant que le poisson va mordre plus ou plus, il s’occupe donc à autre chose en attendant.

 Nous sommes là en plein dans la philosophie zen : lâcher prise sur le résultat.

Cela me rappelle mes efforts désespérés pour faire travailler plus à l’école mon plus jeune fils.  Nous étions dans une escalade inouïe de motivation/sanctions, jusqu’à ce que je réalise que, quoi que je fasse, la seule personne qui pouvait décider de vraiment faire les efforts nécessaires pour réussir, c’était lui.  J’avais donné tout ce que je pouvais donner en termes de méthodologie de travail, soutien et encouragements, voire de quelques cours particuliers, les compétences étaient présentes, le reste lui appartenait (je précise qu’il avait 15 ans …).  Une fois que j’ai arrêté de le pousser vers où il ne voulait pas aller, non seulement nos relations se sont améliorées, mais en plus les résultats ont enfin suivi.

Certes, les premières fois, vous allez être dans un sentiment de perte de contrôle.  Dites-vous bien que ce sentiment de contrôle est un leurre très douloureux, et que vous vous sentirez beaucoup mieux quand vous aurez accepté les limites de votre puissance.

Dégustez un carré de chocolat.

chocolatNous sommes très souvent stressés par ce qui nous manque : manque de temps, d’argent, d’amour, de reconnaissance, la liste est longue à souhait. Et effectivement (personnellement je pense même que c’est une bonne nouvelle), nos souhaits ne seront probablement jamais intégralement comblés.

Pourtant, ce qui me frappe souvent, c’est les comportements de nombreux ‘gosses de riches’, qui ont ‘tout’.  Ils sont en permanence dans une surenchère de demandes, alors que la vaste majorité d’entre nous est convaincu qu’il serait au paradis s’il pouvait avoir accès à ne serait-ce que la moitié de leurs biens.

Moi-même, je me surprends parfois à me plaindre de ce qui me manque.

Si c’est une attitude normale de vouloir satisfaire largement ses besoins, le stress peut s’installer si cette course se fait au détriment de la conscience de ce que nous possédons déjà.  C’est là qu’arrive mon carré de chocolat.

Si vous êtes comme moi de grands mangeurs de chocolat ‘compensatoire’, vous admettrez qu’un carré, c’est bien peu de chose …. En fait ce n’est pas tant la quantité que la façon dont nous la dégustons qui est vraiment énorme.  Je vous propose l’exercice suivant :

  1. Rendez-vous à l’armoire où vous stockez vos chocolats
  2. En ouvrant l’armoire, commencez déjà à penser au plaisir que vous allez vivre en le dégustant
  3. Prenez le paquet en mains, et avant même de l’ouvrir, observez-le : couleur, poids, texture.  Est-elle encore complète ou déjà bien entamée ?  Quelle est son odeur ?
  4. Ouvrez-la maintenant délicatement.  Ecoutez le bruit du glissement de la tablette qui sort du carton, observez le papier aluminium
  5. Une fois ouvert, regardez la forme, percevez l’odeur, regardez la couleur, le nombre de carrés restants, imaginez leur composition
  6. Prenez ensuite le chocolat en main, coupez votre carré, et ressentez sa douceur, observez sa couleur, reniflez-le
  7. Enfin, dégustez le morceau en le gardant longuement en bouche, en le laissant fondre délicatement, en vous remplissant la bouche de ses saveurs et de ses odeurs.

Je peux vous garantir que, après cet exercice de dégustation en pleine conscience, vous n’aurez pas besoin (contrairement à votre habitude) d’en manger dix autres pour vous sentir satisfait.

Une fois que vous aurez fait cet exercice, transposez-le dans TOUS les autres domaines de votre vie.  Choisissez quelque chose que vous avez et vivez-le en pleine conscience : la santé, l’amour de votre famille ou de votre chien, un talent de raconteur d’histoires ou de cuisinier, peu importe.  Quittez le train de la vie qui vous emmène à toute vitesse, et faites une pause pour admirer tout ce que vous avez déjà.  Non seulement admirer, mais littéralement déguster : mettez-vous mentalement (ou réellement) dans la situation, fermez les yeux, et ressentez le bien que cette situation vous fait.

En résumé

La façon dont nous abordons notre stress influence profondément notre santé.

Pour limiter son impact sur notre vie, nous avons trois stratégies possibles :

  1. nous concentrer sur ce qui est sous notre contrôle (cercle d’influence)

  2. lâcher prise sur le résultat (principe zen)

  3. vivre en conscience de ce que nous avons déjà et qui nous fait du bien.

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Christelle Deblon View All →

Co-génératrice d'enthousiasmes,

5 Comments Laisser un commentaire

  1. Merci Christelle. J’aime beaucoup la référence à la pêche, peut-être parce que moi aussi j’ai toujours été perplexe devant cette activité pleine de… vide. Merci donc de m’avoir rappelé la différence entre une salutaire vacuité synonyme de lâcher prise et une vaine agitation synonyme d’un grand vide.

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