Et si on restait calmes ?

Avez-vous aussi ce moment le matin, entre rêve et réveil, où votre esprit vagabonde ? Moi j’adore observer tout ce qu’il me propose à ce moment. Ce sont souvent des idées très créatives et judicieuses, comme si mon cerveau avait traité la nuit toutes les informations de la journée précédente et me livrait ses conclusions.

Pourtant, ce matin, je n’étais pas heureuse du résultat. Je ressentais une sourde angoisse. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été me coucher hier soir avec les dernières nouvelles. Nous allons devoir quelque peu adapter notre mode de vie dans les prochains jours. Nul besoin de paniquer, le but est de préserver un maximum de personnes et de ne pas étouffer notre système de santé.

Donc, ce matin, moi qui suis habituellement si calme, cette angoisse était là. Du coup, je me regarde, toute surprise. Quoi ? Moi aussi ?

Bon, je vous rassure, je ne me suis pas précipitée en pyjama à huit heures du matin dans ma grande surface préférée. Je n’ai pas non plus vendu mes actions boursières dans un mouvement de panique. Et, oui, je vais profiter ce midi du resto que j’avais planifié avec mon meilleur ami.

Bien sûr, je reste prudente : nous avions normalement une fête de famille ce dimanche. Mais nos parents sont âgés et pas en parfaite santé, nous avons donc décidé de la reporter, histoire de les préserver, nos enfants vivant sur un campus universitaire infecté.

Ces événements sont, me semble-t-il, révélateurs de nos peurs profondes. Peur du manque. Peur de l’inconfort. Peur du rationnement (alors même que la plupart d’entre nous n’ont pas connu la dernière période de rationnement). Peur de l’inconnu surtout il me semble. C’est un peu comme si entasser des rouleaux de papier WC dans votre cave vous donnait le sentiment de contrôler un minimum ce qui vous arrive.

Les crises sont toujours des moments riches en enseignements. Nos crises personnelles, tout autant que les crises de société. Il en a été ainsi après les attentats du 22 mars, c’est à nouveau le cas aujourd’hui.

Oui, me direz-vous, mais il risque d’y avoir des morts ? En effet, c’est possible.

De la même façon qu’il y a des morts chaque jour sur les routes. Est-ce pour cela que vous restez enfermés chez vous toute votre vie ?

De la même façon que j’ai failli mourir il y a juste un an aujourd’hui, simplement parce que je dormais dans un hôtel où un incendie s’est déclaré. Sur 180 personnes, j’ai été la seule victime. Ca s’est joué à quelques minutes.

La mort est un compagnon qu’il nous fait apprivoiser tout au long de notre vie. De mon point de vue, c’est la seule certitude que nous ayons : nous allons tous mourir un jour. Et nous ne pouvons pas savoir quel jour ce sera.

A nous de décider de ce que nous faisons avec tout cela.

En ce qui me concerne, je vous souhaite beaucoup de zénitude dans les prochaines semaines. Restez en contact avec les gens que vous aimez, ne fût-ce que par téléphone. Prenez soin de vous. Profitez du soleil dès qu’il montre le bout de son nez. Mangez sainement. Faites-vous du bien. Et faites confiance à votre bon sens plutôt qu’au papier WC entassé dans votre cave. Le printemps arrivera bien vite.

Le coin perso

Christelle Deblon View All →

Co-génératrice d’enthousiasmes,

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