Burnout : à qui serez-vous encore indispensable, coincé au fond de votre lit ? 

Apprenez à reconnaître les signes du burnout pour agir précocement. 

Les chiffres s’affolent.  Une récente étude de Securex/KUL indique que 13,4% des travailleurs sont au bord de l’implosion.  Pour une équipe de 15 personnes, 13,4%, ce sont deux collaborateurs prêts à craquer … Faites-vous partie de ces deux-là ? 

Le burnout est un processus, un chemin au cours duquel les compteurs se dérèglent progressivement, les symptômes s’empilent petit à petit.  Souvent, la personne concernée ne s’en aperçoit pas, ou alors trop tard, car elle n’a longtemps pas voulu entendre les signaux d’alarme.  

Pourtant, soyons lucide une seconde : quand votre corps aura retiré la prise – que ce soit un burnout, une maladie ou un ‘accident’ – que se passera-t-il ?  Comment pourrez-vous aider votre équipe à ce moment ?  Sans compter que votre famille en paiera aussi les pots cassés.  Et que plus un burnout est traité tard, plus les séquelles seront longues à réparer, voire irréversibles.  

En lisant cet article, vous découvrirez les principaux symptômes d’un burnout en préparation.  Parce que plus vous réagirez rapidement si vous êtes à risque, plus la récupération sera rapide et efficace.  Parce que vous n’avez qu’une santé, et qu’elle n’a pas de prix !  

De l’implication à la fatigue physique 

Les meilleurs candidats au burnout sont les collaborateurs très impliqués dans leur travail.  Comme vous êtes impliqué, efficace et enthousiaste, à chaque fois qu’une nouvelle idée, un nouveau projet ou une belle opportunité se présente, on vous le propose.  Et comme vous adorez ce que vous faites, comme plus vous en faites, plus vous recevez de reconnaissance, et comme de toute façon vous êtes LA personne la plus compétente pour le faire, vous acceptez.  Et votre charge de travail augmente, augmente … Et la fatigue avec elle. 

Combien d’heures travaillez-vous par semaine ?  Je rappelle qu’un salarié est supposé travailler entre 38 et 40 heures par semaine – en tout cas, c’est le nombre d’heures pour lequel vous êtes payé.  La moyenne nationale pour un employé est de 39 heures par semaine, ça semble sous contrôle. Quoique … J’ai encore reçu la nuit dernière un mail à minuit 07 venant d’un salarié d’une grande banque…   Pour les indépendants, il n’y a pas de limite, la moyenne est donc autour de 57.    

Et vous, où en êtes-vous ? Quel est votre rythme de travail ? S’il est excessif, est-ce temporaire (moins de trois mois) ou structurel ? Quelqu’un vous le demande-t-il explicitement, ou bien est-ce une ‘mission’ que vous vous imposez ?  Ou peut-être est-ce la ‘norme’ dans votre entreprise ? Ces questions sont importantes, et la capacité à se fixer des limites est ici cruciale.

Car la surcharge de travail entraîne son lot de désagréments. Avec le temps, vous voyez de moins en moins votre famille, vous ne vous rappelez plus la dernière fois que vous êtes allé au cinéma avec des amis, sans parler de partir en vacances sans votre laptop.  

L’épuisement guette …

Qu’en disent vos proches ? 

Même si vous ne percevez pas cette situation comme anormale, vos proches, eux, s’en rendent probablement compte.  Quel feedback recevez-vous de votre conjoint, de vos enfants, de votre famille, de vos amis, de vos collègues ? S’inquiètent-ils de la place grandissante que prend le temps de travail dans votre vie ?  Non, ils ne sont pas jaloux.  Oui, il est possible qu’ils ne vous comprennent pas, mais il est aussi probable qu’ils le disent pour votre bien, juste parce qu’ils sont inquiets et qu’ils tiennent à vous. 

Renoncez-vous aussi au sommeil ? 

Oubliez le mythe du super-mec-qui-ne-dort-que-quatre-heures-par-nuit-tout-va-bien-merci !  Ce gars est soit un menteur soit une anomalie de la nature.  Notre corps a besoin de repos.  Plus exactement entre 7 et 9 heures de sommeil par jour.  

Avez-vous déjà observé comment fonctionnent les athlètes de haut niveau ?  Ils passent de périodes d’activité très intense à des périodes de repos intense.  Le secret de la top performance passe par ce cycle.  Pourquoi avons-nous l’impression, sous prétexte que nous travaillons surtout avec notre cerveau, que nous n’avons pas besoin de ces périodes de décompression ? 

D’autant plus que c’est totalement contre-productif.  Au fur et à mesure du temps – et vous le ressentez probablement si vous en faites trop – nous devenons de moins en moins efficace.  C’est normal.  Vous rechargez bien votre smartphone la nuit, non ? 

Instabilité émotionnelle et désordres cognitifs

Quand le burnout s’installe, les émotions deviennent incontrôlables.  Vous vous mettez subitement en colère, ou vous êtes tout à coup au bord des larmes. Une nuance est ici à apporter : toutes les personnes colériques ne couvent pas un burnout ; c’est bien la modification du comportement qui est un indicateur.

Vous avez aussi de plus en plus de difficulté à vous concentrer, vous avez des troubles de la mémoire, et vous commettez plus d’erreur qu’auparavant.  C’est normal : votre cerveau est en surcharge et commence à disjoncter. Plus vous attendrez, pire ce sera.

Vous vous protégez en mettant une distance

Vous aviez toujours été hyper impliqué dans votre travail, et tout d’un coup, vous prenez vos distances.  Les choses ne vous touchent plus, vous devenez cynique.  C’est la distanciation émotionnelle.

Et bien sûr, les bobos …

En cas de stress, votre corps produit du cortisol.  En situation normale, une fois le stress passé, le cortisol est éliminé par votre organisme.  Mais si le stress persiste, le cortisol reste, et ce n’est pas vraiment votre ami sur la durée.  Les symptômes physiques peuvent être variés : maux de tête, dérèglement du système digestif, douleurs musculaires, la palette est large. 

avez-vous plus de migraines ?

Etes-vous à risque de burnout ?  Qui peut poser un diagnostic ? 

Il n’y a pas un facteur unique et définitif.  Etre fatigué physiquement ou instable émotionnellement peut avoir d’autres causes que le burnout.  Sans compter que d’autres pathologies peuvent avoir des symptômes similaires.  C’est pourquoi seul un professionnel de la santé ou de la santé mentale peut poser un diagnostic de burnout : votre médecin traitant ou un psychologue clinicien.  Un coach (sérieux) pourra vous dire qu’il reconnaît chez vous certains symptômes, mais il vous orientera chez votre médecin pour un diagnostic complet, et un plan d’intervention. 

Si vous avez un doute, vous pouvez déjà vous faire une idée par vous-même en utilisant un questionnaire reconnu : le Burnout Assessment Tool. Attention, il ne s’agit pas ici de poser un diagnostic (cf supra), mais bien de donner une tendance.  Si le résultat est inquiétant, prenez rendez-vous chez votre médecin, et montrez-lui votre questionnaire, cela lui donnera de précieuses indications.  

Conjoint, manager, collègue, vous avez un rôle à jouer ! 

Le burnout ce n’est pas un bouton qui apparaît sur le bout du nez et qu’on découvre le matin dans le miroir.  C’est un processus qui s’installe insidieusement, petit à petit. Et comme déjà expliqué, la personne concernée peut être (très) longtemps dans le déni de ses symptômes.  

En tant que proche, manager, collègue, nous avons un rôle important à jouer pour alerter la personne le plus tôt possible.  Constatez-vous que votre conjoint travaille de plus en plus tard, le soir, la nuit, les weekends, sacrifiant des pans entiers de la vie privée ?  Que votre collègue qui était toujours souriant et disponible devient épuisé et irascible ?  Ou que votre collaborateur fait de plus en plus d’erreurs ou change de comportement – par exemple il était toujours très ponctuel et arrive de plus en souvent en retard ?

Prenez votre courage à deux mains, et discutez-en avec lui !  Il est probable qu’il aura une attitude défensive au début, mais comme déjà mentionné, plus l’intervention peut démarrer tôt, moins les conséquences seront graves. 

Vous n’avez qu’une santé, ne jouez pas à la roulette russe avec elle. 

Je suis passée à quelques minutes de la mort.  J’ai mis des mois à me réparer.  Cela m’a fait comprendre que ma priorité numéro un dans la vie est ma santé.  S’occuper de soi, ce n’est pas de l’égoïsme.  C’est se donner les moyens de pouvoir prendre soin des autres.  

Je ne peux prendre soin de ceux que j’aime et réaliser mes objectifs de vie que si je suis au top de ma forme.  Prendre soin de soi est une attitude respectueuse et responsable. Pensez-y !

Restez conscient de la façon dont vous fonctionnez.  Restez connecté à vos ressentis physiques et émotionnels, ce sont vos meilleurs guides.  Restez à l’écoute des gens qui vous aiment, ils vous veulent du bien.  Prenez-en conscience avant que votre corps ne prenne la direction des opérations et ne vous force à rester au fond de votre lit.  Parce que vous avez de très belles choses à réaliser dans la vie ! 

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