Trois étapes pour sortir de la victime

Je vous en ai peut-être déjà parlé, c’est un des livres qui a changé ma vie : « 21 jours sans plainte », de Will Bowen.  En ces jours qui commencent à raccourcir, où les nouvelles sont démoralisantes, j’y pense beaucoup. En effet, il est tentant de se plaindre, de se positionner en victime.  En victime de quoi exactement, on ne le sait pas précisément.  En victime, tout simplement. Le problème, c’est que quand on se met en victime, on attend béâtement son sauveur.  Et non, aucun sauveur sur son blanc destrier ne viendra nous sortir des mauvaises nouvelles, des trains en retard, des feuilles qui tombent ou des jours qui racourcissent.   

Je vous propose donc aujourd’hui de nous pencher sur la position de victime : ce qu’elle entraîne, à quoi elle sert et en quoi elle est néfaste.  

C’est quoi la position de victime ?

Se mettre en position de victime, c’est proclamer son impuissance.  C’est appeler désespérément à l’aide.  C’est dénier sa propre capacité d’action et donner le pouvoir à l’autre. C’est un état d’énergie négative, forcément nocif pour vous et votre entourage.  Sans oublier que la plainte est une bonne accroche pour lancer un jeu psychologique, dont je vous ai déjà parlé (Le courage de l’honnêteté).

Etape 1 : le besoin derrière la plainte

Tout mauvais donc ?  Oui, mais pas que… J’aime à penser que chaque plainte cache en fait un besoin qui cherche à s’exprimer.  Si je me plains d’être seule, c’est que j’ai besoin de compagnie. Si je me plains de m’ennuyer dans mon travail, c’est que j’aspire encore à trouver un travail épanouissant.  Si je me plains des embouteillages, c’est que j’ai besoin de faire un meilleur usage de mon temps. 

Les besoins ont ceci de beau qu’ils sont assez universels, et surtout qu’on peut les satisfaire de différentes façons.  C’est toute la différence entre besoin et envie.  J’ai besoin de me distraire ?  Je peux plonger dans un bon roman, aller boire un verre avec une amie, aller au cinéma, me promener dans la nature ou visiter un musée.  C’est un des grands concepts de la Communication Non Violente.  C’est passionnant, j’en parlerai peut-être à une autre occasion.  

Etape 2 : les options

Revenons donc à notre plainte. Quel besoin révèle-t-elle ?  Une fois ce besoin identifié, quelles sont toutes les options pour le satisfaire ?  Et c’est là que le bât blesse allez-vous me dire, puisque si vous vous plaignez c’est justement parce que vous croyez que vous ne pouvez rien changer à la situation.  C’est ici qu’il faut que je vous dégaine un de mes outils favoris, le cercle d’influence, et surtout les tactiques pour agrandir ma zone de contrôle.  Je vais reprendre l’exemple des embouteillages.  

J’en ai marre de passer autant de temps dans les trajets maison-travail.  Les embouteillages deviennent insupportables, en plus je ne peux rien faire dans la voiture, c’est une vraie perte de temps.   Dans cette situation, une chose est totalement hors de mon controle, c’est le traffic sur la route.  Et pourtant, j’ai plein d’options.  Le truc, c’est que chacune d’entre elles a un prix.  Voyons ce qu’il en est : 

  • Je pourrais partir plus tôt.  Le prix à payer est de sacrifier une partie de ma nuit, et peut-être aussi dire non à certaines réunions de fin d’après-midi.  
  • Je pourrais faire plus de télétravail si c’est possible dans mon travail. En post-covid, ce prix est assez léger.
  • Je pourrais prendre les transports en commun.  C’est clair que je n’ai pas plus d’impact sur le retard des trains que sur les bouchons, mais au moins, dans le train je peux me détendre, lire, ou travailler.
  • Je pourrais changer de travail, mais là je vais devoir sortir de ma zone de confort, prendre une décision importante, et peut-être accepter un salaire moindre. Le prix est élevé.
  • Je pourrais déménager pour diminuer mon temps de trajet, ou choisir un domicile proche d’une gare. A nouveau un prix élevé.  

Etape 3 : accepter le prix à payer

Ce qu’on constate, c’est que souvent ce ne sont pas les options qui manquent, mais le fait d’être prêt à en payer le prix. Nous restons dans une attente désespérée de solution miracle.  Je veux que mon problème trouve une solution sans que rien d’autre ne change.  Mais la vraie vie, ce n’est pas ça, n’est-ce pas ?  

En prenant du recul sur votre plainte, en exprimant clairement votre besoin, vous posez activement le problème sur la table;  il devient un sujet qui peut être traité.  Vous pouvez chercher des solutions.  En en parlant autour de vous, il est probable que d’autres idées émergeront, que des opportunités vont s’ouvrir.  Et avant que vous ne l’ayez réalisé, votre problème est résolu. Pour autant que vous soyez prêt à accepter qu’il a un prix.   

Et sił n’y a pas de solution?

Parfois, il n’y a pas de solution. Avec la meilleure volonté du monde, je ne vais pas pouvoir empêcher les feuilles de tomber en octobre. La dernière option, c’est alors de regarder autrement la situation.  Car si vous n’avez pas toujours les plein pouvoirs sur ce qui vous arrive, vous pouvez toujours décider de la façon dont vous appréhendez les choses.  Ainsi, malgré ma bonne volonté, je ne peux pas toujours me déplacer en transport en commun.  Je me suis donc créé une sélection de podcasts sur l’histoire et la culture générale que j’écoute quand je dois faire un trajet en voiture.  Je remplace un moment perdu par un temps d’investissement dans ma culture personnelle.  La situation n’a pas changé, mais ma façon de la voir, donc mes frustrations, oui.   

Embrassez votre imperfection

Pour conclure sur la plainte et la position de victime, je vous lance un appel.  Soyez indulgent envers vous-même si vous vous trouvez en flagrant délit de victimisation.  C’est complètement intégré dans notre culture, les média en sont remplis, et le monde est plein de sauveurs qui ont besoin de vous pour leur confirmer qu’ils sont utiles.  Alors, la prochaine fois, faites simplement une pause, demandez-vous quel est votre besoin, explorez les solutions et passez à l’action.  

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