Je suis responsable de ma santé (3)

Comme promis, voici la suite des réflexions sur la fameuse épigénétique (si vous les avez manqués, voici le lien vers le premier et le second article), et l’influence de nos comportements sur notre santé.  Aujourd’hui nous aborderons le troisième et dernier volet, la qualité de nos relations sociales.

Dans cet article vous allez découvrir un tango assez particulier, qui se danse à trois.

L’être humain est un animal social, c’est bien connu. Les relations aux autres lui sont aussi essentielles que l’oxygène. Et pourtant, vous le savez : certaines personnes nous empoisonnent littéralement la vie, alors que d’autres nous font un bien fou.  Avant d’aller plus loin dans notre sujet, un petit travail préliminaire : listez les personnes que vous côtoyez (souvent ou moins souvent, peu importe), et classez-les en deux catégories : soit ces personnes vous font vraiment du bien, soit leur fréquentation vous pèse.  Un indicateur peut être votre niveau d’énergie après avoir passé un moment avec eux, ou votre (manque d’)enthousiasme à l’idée de leur parler.

Une fois cet exercice achevé, je vais vous présenter dans cet article un modèle issu de l’analyse transactionnelle et qui a été pour moi une vraie révélation : le triangle dramatique.  Késako ? C’est une sorte de tango à trois, où tout le monde croit bien danser, mais où les danseurs se marchent en permanence sur les pieds.

Les trois protagonistes sont la victime, le bourreau et le sauveur.  C’est un processus complètement inconscient, et très courant.  Il repose sur des relations ‘malsaines’, c’est-à-dire qu’il permet de faire l’économie de relations vraies, dans lesquelles chacun a conscience de ses responsabilités, et se sent libre d’être qui il est.  C’est d’ailleurs le secret de son succès !

Ainsi, j’ai été pendant très longtemps le sauveur de ma maman.  Il faut dire que la position de victime était sa position préférée, et qu’elle avait un talent particulier pour dénicher un bon gros bourreau.  Inutile de vous dire qu’à cette époque, je n’appréciais pas du tout de la voir !   Et toute discussion un peu ‘sensible’ se terminait invariablement en dispute.

Quand j’ai découvert ce modèle et pris conscience du poison qu’il représentait dans cette relation si particulière, j’ai décidé de sortir du jeu (je vous expliquerai ci-dessous comment procéder).

Est-ce que ça a été facile ?  Absolument pas ! Le résultat ? Il en valait vraiment la peine !  Aujourd’hui, ma maman est une personne que j’apprécie beaucoup, et même que j’admire (impensable pour moi de même envisager de dire ça un jour il y a 10 ans …).

Alors, avant d’aborder les solutions, voyons le modèle plus en détails.

Le casting

A. Le bourreau.

Le bourreau agit sur la victime. Il blâme, critique, rabaisse. Il se croit supérieur, et est souvent en colère.  Il peut exprimer des reproches comme ‘Si vous m’aviez, écouté, vous n’en seriez pas là’.

B. La victime.

La victime se sent souvent impuissante. Elle n’a pas toujours conscience du mal que lui fait le bourreau, pourrait même lui donner raison de ses critiques. C’est quelqu’un qui n’a pas conscience de sa propre puissance, de ses responsabilités, ni de ses possibilités (il faut dire que le bourreau se charge bien de lui montrer son incompétence).

C. Le sauveur.

Le chevalier blanc !  Sans que personne lui ait rien demandé, il va tenter de sortir la victime des griffes du bureau. C’est une position qui lui permet de se sentir utile, et où il essaie dans une certaine mesure de faire entrer la victime dans ses propres normes.

Les caractéristiques du jeu

  • Chacun a une position de départ privilégiée
  • On peut changer de position dans le cours du jeu
  • C’est très confortable, car la fin, bien que désagréable, est toujours prévisible.  On est en terrain connu, c’est rassurant (c’est aussi pour ça qu’il a autant de succès)
  • C’est un jeu qu’on peut parfaitement jouer à deux – voire seul !  On endosse alors successivement plusieurs rôles
  • Le bourreau n’est pas forcément une personne.  J’ai déjà pu observer des personnes ayant un talent particulier pour de se mettre en position de victime par rapport à la météo, aux décisions du gouvernement, voire même de la vie en général !

Comment en sortir ?

Soyez conscient que ce n’est pas facile.  Une décision formelle et une bonne dose de courage seront donc nécessaires pour vous en sortir.

Identifiez votre position préférée.

Etes-vous le plus souvent en train de vous plaindre (victime), de vouloir sauver tout le monde (sauveur) ou bien de critiquer (bourreau) ?  Nous avons tous une position d’entrée préférée, quelle est la vôtre ?

Prenez conscience que vous êtes dans un jeu.

Comment ?  On appelle ça se mettre en méta-position, càd en observateur de sa propre situation.  Observez le ton et le contenu des dialogues.  Vous semble-t-il que le ton est critique et agressif ?  Faussement cordial, avec des ‘piques’ qui partent régulièrement ? Avez-vous le sentiment de ne pas pouvoir dire ce que vous avez besoin de dire de manière assertive ? Dans ce cas, il y a de fortes chances pour que vous soyez en train de jouer !

Agissez pour changer.

Les mots clé sont : responsabilité, respect, honnêteté.

  1. Si je suis sauveur, je dois laisser à la victime la responsabilité de sa situation (sans la critiquer pour lui signaler qu’elle en est responsable, sinon je tombe dans le bourreau).  Cela peut être difficile au début, il faut avoir confiance en la capacité d’autonomie de l’autre, et aussi lui laisser le droit de tomber.  Ainsi, un parent ‘sauveur’ de son enfant ne le laissera pas se confronter à des situations difficiles ou d’échec, et produira une victime perpétuelle, capricieuse et manquant de confiance en lui.  Oui, c’est inconfortable.  Oui, vous aurez peur pour l’autre. Oui, on pourra (tous les deux) avoir mal si la victime fait face à un échec.  Mais c’est égaiement ainsi qu’elle apprendra à  mobiliser ses ressources pour sortir de la situation, et prendre conscience de ses possibilités, et augmenter sa confiance en elle-même. Cela va lui permettre de grandir et de devenir autonome.
  2. Si je suis victime, le premier pas, et le plus difficile, c’est d’en prendre conscience.  Le second, c’est d’apprendre à dire non et fixer des limites.  Quand quelqu’un vous amène des solutions toutes faites à vos problèmes, demandez-vous si c’est vraiment ce dont vous avez besoin à ce moment.  Le troisième truc, c’est d’apprendre à formuler une demande.  Et ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît.  Formuler une vraie demande à autrui implique qu’on soit au clair avec ce dont on a besoin.  Or, vos sauveurs ont tellement pensé à vos besoins, qu’il est probable que vous ne sachiez plus trop où vous en être.  Et formuler une vraie demande inclut accepter que celle-ci soit rejetée.
  3. Si ma position préférée est celle de bourreau, un peu d’humilité !  Laissez à chacun le droit à son unicité, et tentez de découvrir ce qui est beau chez l’autre plutôt que ses imperfections, vous avez beaucoup à y gagner vous aussi. Vos relations seront plus sereines.

Pour finir

Reprenez maintenant la liste établie en début d’article.  Choisissez une personne avec laquelle les relations sont le plus souvent tendues, et que vous aimeriez pourtant constructives (ne prenez peut-être pas des personnes très proches pour votre premier exercice 😉).  Réfléchissez à la façon dont vous fonctionnez.  Se pourrait-il que vous soyez dans un jeu ?  Si tel est le cas, dans quelle position entrez-vous dans le jeu ?  Reprenez l’article, et tentez d’identifier ce qui se passe, et ce que vous pourriez faire pour sortir de ce mode de relations. Puis testez-le.  Tenez bon si ça ne marche pas tout de suite, il se peut que les bonnes vieilles habitudes reviennent.

Rappelez-vous surtout qu’on ne peut pas jouer tout seul.  Il suffit qu’un seul des protagonistes décide de sortir de scène pour que le jeu se termine, vous avez donc tout pouvoir !

Le coin perso

Christelle Deblon View All →

Co-génératrice d'enthousiasmes,

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